Ce que je peins

Mathématicienne de formation, j’ai longtemps fréquenté l’Académie de la Grande Chaumière (à Paris) où j’ai suivi l’enseignement du peintre René ARTOZOUL. J’ai également étudié l’anthropologie.

Aussi loin qu’il m’en souvienne, j’ai toujours peint des humains, souvent un seul à la fois et souvent seulement le visage, en simplifiant leur représentation à l’extrême, tant dans le dessin que dans le choix et l’application des couleurs, pour donner à imaginer leur émotion de l’instant à travers leur regard, qu’il soit signifié ou simplement suggéré.

Ce qui m’intéresse fondamentalement n’est pas de montrer le contexte ou l’environnement de cette émotion, ni ce qui a causé sa naissance, ni non plus ceux qui en sont les spectateurs, mais de rentrer dans le profond de cette émotion et de donner à imaginer à la fois sa genèse et son évolution, tout en limitant le pathos autant que faire se peut.

C’était vrai de mes peintures sur toiles, et ça l’est aussi de mes peintures digitales que je crée directement avec mes doigts, sans stylet. Cette technique très tactile m’est très précieuse pour faire émerger les émotions que je veux faire apparaître. Sans parler du plaisir des créations et « dé-créations » successives de ce qui naît sous les doigts, sans jamais devoir tuer la version précédente pour trouver le nouvel état d’équilibre de la peinture en devenir, contrairement à ce qui se passe avec les supports physiques.

Mes thématiques recouvrent le spectre des pulsions des humains, avec leurs bonheurs, leurs tourments physiques et psychiques, leurs recours aux mythes et aux religions, leurs combats, leurs carnages. Je rends aussi hommage à des « figures », contemporaines ou non, publiques ou privées, réelles ou imaginaires, toutes majeures à mes yeux pour ce qu’elles me disent de notre histoire collective ou parfois de ma propre histoire. Je pense notamment aux personnages de la Sainte Famille des « de Nazareth », Marie et Jésus en particulier, dans la partie « terrestre » de leurs existences qui est la seule qui m’intéresse pour ce qui est de ma peinture. Et là comme ailleurs, je m’attache à donner à imaginer.

Il y a sans doute une forme de militantisme dans ma peinture en ce sens que l’oppression par les autres y est souvent présente. A cet égard, le critique d’art et commissaire d’exposition Christian NOORBERGEN m’a fait l’honneur d’écrire à mon propos : « Son art est « chargé » comme pourrait l’être un talisman intemporel. »

Et il y a peut-être aussi une certaine touche héritée des arts dits « primitifs ». Ces arts, qu’on dit « premiers » maintenant, sont pour moi les empreintes universelles et magnifiques d’une forme d’éternité qui me bouleverse.

Je fais imprimer mes visuels sur papier  Epson Hahnemülhe Photorag 305g avec finition selon le procédé Diasec  Plexi/Plexi 3+3mm, qui garantit la « Qualité Musée ». Dans des dimensions variables mais le plus souvent homothétiques au format A qui est celui de la plupart de mes visuels.

Leur rendu est parfaitement conforme à mes créations initiales, tant dans leurs couleurs que dans les effets de matière que j’introduis. Je limite l’édition de chacun de mes visuels à 3 tirages, toutes dimensions confondues.